R420Anesthésies pour TAVI : que faisons-nous en 2019 ? Une enquête nationale.

Anesthésie / Douleur
C. Lieppe 1, 2,*, L. Chausseret 1, F. Pinaud 3, S. Delépine 4, L. Beydon 1, S. Provenchère 5, E. Rineau 1.
1Département d'Anesthésie-Réanimation, CHU d'Angers - Angers (France), 2Université d'Angers - Angers (France), 3Service de chirurgie cardiaque, CHU d'Angers - Angers (France), 4Service de cardiologie, CHU d'Angers - Angers (France), 5Département d'Anesthésie Réanimation, APHP, CHU Bichat-Claude Bernard, Université Paris Sorbonne - Paris (France)

*Auteur(s) correspondant(s).
Adresse email : chloe.lieppe@gmail.com (C.Lieppe)
Conflits d'intérêt

Aucun conflit d'intérêt.


Position du problème et objectif(s) de l’étude

Nous assistons depuis une dizaine d’années à une augmentation importante du nombre de procédures TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) liée à l’élargissement des indications et à la maîtrise de la technique. Les recommandations récentes précisent le cadre de cette procédure et les aspects cardiologiques de l’intervention mais il n’existe pas de recommandation concernant l’anesthésie. Le but de cette enquête était de réaliser un état des lieux des pratiques en France.


Matériel et méthodes

Cette enquête anonyme accessible sur le site de l’ARCOTHOVA comportait 20 questions portant sur l’anesthésie des TAVI par voie fémorale. Elle s’adressait aux anesthésistes (séniors) français exerçant dans le secteur TAVI-chirurgie cardiaque. Le lien de l’enquête leur a été envoyé par mail en février et mars 2019.


Résultats & Discussion

116 anesthésistes ont participé (résultats préliminaires), exerçant pour 77% dans un centre hospitalier universitaire, 14% dans un centre privé et 9% dans un centre hospitalier, correspondant à 33 centres. 94% déclarent avoir pour activité principale l’anesthésie ou la réanimation en chirurgie cardio-thoracique.

 

Les types d’anesthésies les plus fréquemment utilisés pour les TAVI par voie fémorale sont présentés sur la figure 1A, au-devant desquels arrive la sédation associée à une anesthésie locale. 40% des anesthésistes répondent ne jamais réaliser d’anesthésie générale pour ces procédures (hors complication). En cas de sédation, le rémifentanil (68%), le propofol (29%) et/ou le midazolam (22%) sont les produits les plus utilisés. Lorsqu’une ALR est réalisée, celle-ci peut consister en un bloc ilio-inguinal (55%), un bloc ilio-fascial ou fémoral (55%) ou un TAP block (32%). 56% déclarent cependant ne jamais réaliser d’ALR dans cette indication, en raison du manque d’utilité (49%) et du manque de temps (22%) principalement. Enfin, l’hypnose est utilisée régulièrement par 12% des répondants.

 

Les principaux aspects organisationnels de l’anesthésie des TAVI sont présentés en figure 1B. La présence d’un anesthésiste est régulière pour 97% des répondants, mais n’est systématique que pour 77% d’entre eux. Celle d’un IADE est régulière pour 86% d’entre eux et systématique pour 68%. Par ailleurs, 39% déclarent que les patients ne sont jamais ou rarement transférés en SSPI après l’intervention, mais pour ces répondants, les patients sont le plus souvent transférés en soins continus de cardiologie (82%) ou USC polyvalente/réanimation (11%) après l’intervention. Enfin, sur les 42% favorables à l’absence d’anesthésiste en salle pour ces procédures, 59% déclarent nécessaire dans ce cas l’encadrement par un protocole de service permettant de sélectionner les patients.


Conclusion

En France en 2019, les anesthésistes ayant répondu à notre enquête déclarent privilégier de manière importante la sédation associée à une anesthésie locale pour la prise en charge des TAVI par voie fémorale. Une majorité sont défavorables à l’absence d’anesthésiste pour cette intervention. Des recommandations sont probablement nécessaires pour encadrer de manière optimale et sécuritaire ce geste sur le plan anesthésique.


Références

Remerciements

Professeur Philippe Mauriat, secrétaire général d'ARCOTHOVA (Anesthésie-Réanimation Coeur-Thorax-Vaisseaux) pour son aide dans la réalisation de cette enquête.