R031Intérêt thérapeutique de la tomodensitométrie cérébrale de contrôle après traumatisme crânien grave

Traumatologie / Urgences
Traumatologie
L. Rousseau 1, S. Leduc 1, V. Flory 1, H. Quintard 2, C. Ichai 1, J-C. Orban 1.
1Chu De Nice - Nice (France), 2Hôpitaux Universitaires De Genève - Genève (Suisse)

Conflits d'intérêt

Aucun


Position du problème et objectif(s) de l’étude

La tomodensitométrie (TDM) cérébrale représente l’examen de référence du bilan lésionnel initial du patient traumatisé crânien grave (TCG) en raison sa grande sensibilité à détecter les lésions hémorragiques. La réalisation d’une TDM cérébrale de contrôle est une pratique répandue au cours de la prise en charge initiale des TCG, mais son intérêt dans la prise de décision thérapeutique n’est pas clair [1, 2].

L’objectif de cette étude est d’évaluer, au sein d’une population de TCG avec monitorage invasif de la pression intracrânienne (PIC), l’intérêt thérapeutique de la TDM cérébrale de contrôle.


Matériel et méthodes

Nous avons mené une étude observationnelle rétrospective sur une base de données anonymisée. Nous avons inclus tous les patients victimes d’un traumatisme crânien grave (score de Glasgow ≤ 8) hospitalisés entre janvier 2014 et décembre 2017 et ayant bénéficié d’un monitorage invasif de la PIC et d’une TDM cérébrale de contrôle au cours des 48 premières heures. Nous avons comparé deux groupes de patients en fonction du caractère motivé (dégradation neurologique, hypertension intracrânienne persistante ou anomalie pupillaire) ou systématique de la TDM de contrôle. Le critère de jugement principal était la modification de prise en charge à visée neurologique (osmothérapie ou recours neurochirurgical) après réalisation de la TDM de contrôle.

L’analyse statistique a été réalisée avec le logiciel XLSTAT 2015. Les données quantitatives ont été exprimées en médiane et intervalle interquartile et les données qualitatives en effectif et pourcentage. Les comparaisons entre les 2 groupes ont fait appel à des tests de Mann Whitney et du CHI-2. Un p inférieur à 0,05 était considéré significatif.


Résultats & Discussion

Nous avons inclus 127 patients, 25 (20%) ayant bénéficié d’une TDM motivée et 102 (80%) d’une TDM de routine. Les deux groupes étaient comparables en termes de scores de Glasgow et IGS2, et sur la prise de médicaments interférant avec la coagulation. Les patients du groupe TDM motivée présentaient davantage d’hypertension intracrânienne à la phase initiale (56% vs. 28%; p = 0,01), bénéficiaient plus souvent  d’osmothérapie (68% vs. 41%; p = 0,02) et décédaient plus fréquemment en réanimation (48% vs. 21%; p < 0,01). Les scores de Marshall du groupe TDM motivée étaient plus élevés sur la première (3 [3-4] vs 2 [2-4]; p=0,01) et la seconde TDM (4 [3-5] vs 3 [2-4] ; p=0,02). Aucun patient dans le groupe TDM de routine n’a bénéficié d’une intervention thérapeutique suivant cet examen contre 4 patients (16%) dans le groupe TDM motivée (p < 0,01).


Conclusion

Après traumatisme crânien grave, la tomodensitométrie cérébrale de contrôle systématique n’indique aucune modification thérapeutique au contraire d’un examen motivé par une modification neurologique.


Références

1. Neurosurgery 2013; 72:56‑62

2. J Trauma 2007; 62:1339‑44


Remerciements