R028Facteurs de risque de vasospasme réfractaire à la nimodipine dans le traumatisme crânien

Réanimation / Urgences
Neuroscience
D. Ditchi 1, L. Abdennour 1, V. Degos 1.
1Réanimation Neurochirurgicale - Paris (France)

Conflits d'intérêt

Aucun


Position du problème et objectif(s) de l’étude

Le vasospasme cérébral (VSP) est une complication redoutable bien décrite dans l’hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) anévrismale, mais très peu dans le traumatisme crânien (TC). C’est pourtant une source importante de morbi-mortalité dans ces deux pathologies.

L’objectif de notre étude était de dépister les facteurs de risque de développer un vasospasme sévère dans les jours suivant le TC.

 

 


Matériel et méthodes

Nous avons réalisé une étude monocentrique observationnelle et rétrospective, incluant tous les patients ayant fait un VSP après TC entre septembre 2013 et février 2019. La cohorte était ensuite séparée en deux groupes : un groupe VSP non sévère et un groupe VSP sévère. Un VSP sévère était défini comme symptomatique cliniquement, et/ou associé à une diminution de calibre artériel d’au moins 50% à l’artériographie et/ou nécessitant un geste thérapeutique à l’artériographie.


Résultats & Discussion

Trente-six patients ont été inclus dans notre étude, vingt dans le groupe VSP non sévère et seize dans le groupe VSP sévère. L’incidence du VSP était de 9% sur tous les TC admis sur la période. Dans notre cohorte, vingt-trois patients présentaient un TC grave et tous avaient une HSA traumatique. Une différence significative était observée pour le score de Marshall (p = 0,04), le score de TIL (p = 0,018), l’IGS 2 (p = 0,018) et des paramètres vitaux initiaux comme la pression artérielle systolique < 90 mmHg (p = 0,039), la saturation en oxygène < 90 % (p = 0,006), une pression partielle artérielle en dioxyde de carbone (p = 0,003) et une lactatémie (p = 0,021) augmentées. Une analyse complémentaire basée sur le mauvais devenir du patient (Glasgow Outcome Scale ≤ 3) retrouvait l’âge avancé (p = 0,034), l’anisocorie (p = 0,011), la compression cisternale (p = 0,014) et la survenue précoce du vasospasme (p = 0,015) comme facteurs de risque de morbi-mortalité.


Conclusion

Les paramètres retrouvés comme prédictifs de la sévérité du vasospasme étaient surtout des critères de gravité initiale du patient. Compte-tenu de l’incidence non négligeable du VSP, un doppler transcrânien quotidien paraît indispensable dans le dépistage de cette complication redoutable. Notre étude comportait de nombreux biais (liés à son design), mais peut être le point de départ d’études de plus forte puissance.


Références

Remerciements

Dr Lamine Abdennour

Pr Vincent Degos