R343Association des infections respiratoires et des ischémies cérébrales retardées après hémorragie sous arachnoïdienne

Réanimation / Urgences
Infectieux, immunité
T. Gargadennec 1, V. Vermeersch 1, J. Ognard 1, M. Geslain 1, P. Ariès 1, J. Le Roy 1, H. Floch 1, A. De Tinténiac 1, X. Chapalain 1, O. Huet 1.
1Chru Brest - Brest (France)

Conflits d'intérêt

aucun


Position du problème et objectif(s) de l’étude

Les hémorragies sous arachnoïdiennes (HSA) représentent 5% des accidents vasculaires cérébraux. Leur pronostic est sombre puisque près de la moitié des patients décèdent ou restent lourdement handicapés1. Le devenir des patients est lié à la gravité de l’hémorragie initiale mais aussi à la survenue d’une ischémie cérébrale retardée (ICR), qui intervient typiquement une semaine après l’hémorragie inaugurale et concerne près de 30% des patients. La survenue d'infection est associée à un mauvais pronostic chez les patients victimes d'HSA mais l'interaction entre infection et ischémie est mal décrite2. Nous avons construit cette étude pour étudier l’association entre la survenue d’une pneumonie et l’ischémie cérébrale retardée chez les patients victimes d’HSA.  


Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective, observationnelle, monocentrique. Les patients admis dans les unités de Réanimation Chirurgicale et de Soins Intensifs de Neurochirurgie au CHRU de Brest entre juillet 2015 et décembre 2018 pour HSA non traumatique étaient inclus dans l’étude. Le critère de jugement principal était la survenue d’un infarctus cérébral diagnostiqué à l’IRM ou la TDM à 3 mois de l’HSA. Une analyse multivariée a été utilisée pour étudier l'association entre les infections respiratoires et les infarctus cérébraux retardés.


Résultats & Discussion

Au total, 224 patients ont été inclus dans l’étude : ratio femme/homme 141/83, âge médian 57 ans (rang interquartile [47-65]). L’analyse multivariée a été ajustée sur la nécessité d’une sédation au cours du séjour, une chirurgie intracrânienne au cours de la prise en charge, la sévérité de l’HSA évaluée par l’échelle scannographique de Fisher, la survenue d’une pneumonie et la survenue d’une infection autre qu’une pneumonie. Une infection respiratoire a été diagnostiquée et traitée chez 66 patients (29,5%) et une autre cause d'infection chez 45 patients (20,1%). Un infarctus cérébral retardée a été diagnostiqué chez 108 patients (48,2%). Les facteurs indépendamment associés à un infarctus cérébral retardé étaient la survenue d’une pneumonie (OR 3,10 [1,41-7,06] ; p=0,006) et la survenue d’une infection autre (OR 2,50 [1,20-5,39] ; p=0,016).


Conclusion

La survenue d’un infarctus cérébral à distance diagnostiqué par l’imagerie cérébrale est indépendamment associée à la survenue d’une pneumonie ou d’une infection autre au cours du séjour. Ces résultats soulignent l’intérêt des stratégies de prévention des infections acquises à l’hôpital, de leur détection précoce et de leur traitement adéquat.


Références

1. Macdonald RL, Schweizer TA. Spontaneous subarachnoid haemorrhage. Lancet 2017;389(10069):655-666. doi:10.1016/S0140-6736(16)30668-7

2. Dasenbrock HH, Rudy RF, Smith TR, et al. Hospital-Acquired Infections after Aneurysmal Subarachnoid Hemorrhage: A Nationwide Analysis. World Neurosurg. 2016;88:459-474. doi:10.1016/j.wneu.2015.10.054


Remerciements