R340Incidence, pronostic et facteurs de risque de survenue de vasospasme ischémiant après hémorragie sous arachnoïdienne chez les patients traités par Milrinone par voie intraveineuse.

Réanimation / Urgences
Neuroscience
T. Gauthier 1, A. Jacquens 1, G. Torkomian 1, F. Clarençon 1, L. Abdennour 1, B. Mathon 1, V. Degos 1.
1Ghps - Paris (France)

Conflits d'intérêt

aucun


Position du problème et objectif(s) de l’étude

Le vasospasme est une complication grave de l’HSA anévrysmale, responsable de déficit neurologique ischémique dans 50% des cas(1). Sa prévention repose sur la Nimodipine. L’adjonction de Milrinone IVSE en traitement curatif est une stratégie étudiée depuis 2001, utilisée par de nombreuses équipes, notamment en France(2). L’objectif de l’étude est d’identifier les facteurs de risque d’ischémie cérébrale chez les patients présentant une HSA anévrysmale compliquée de vasospasme traités par Milrinone.


Matériel et méthodes

Etude observationnelle rétrospective unicentrique sur un recueil prospectif des données cliniques via un outil informatique de réanimation (METAVISION). Inclusion des patients présentant une HSA anévrysmale sécurisée (voie chirurgicale ou endovasculaire) compliquée de vasospasme malgré un traitement préventif par Nimodipine IVSE, avec recours à la Milrinone IVSE. Les données démographiques, liées à l’HSA et au vasospasme, le profil de tolérance, les scores pronostiques et la mortalité en sortie de réanimation ont été recueillies. Le vasospasme ischémiant (VASOi) était défini par la survenue, au moment ou après diagnostic de vasospasme, d’un déficit neurologique persistant en fin d’hospitalisation, ou d’une ischémie cérébrale radiologique.


Résultats & Discussion

Sur 739 patients admis en réanimation entre janvier 2014 et juin 2019 pour une HSA anévrysmale, 121 ont développé un vasospasme nécessitant un traitement par Milrinone. L’âge médian était de 49 ans (44-57), 46 patients (38%) avaient un grade WFNS ≥ 3 et 103 (85%) un score de FISCHER ≥ 3. Le vasospasme était sévère à l’angiographie dans 40% des cas (n=49) et 5 patients (4,2%) ont présenté un resaignement en réanimation. Le VASOi était retrouvée chez 28 patients (23,5%) et était corrélé à la mortalité (OR 20,2; IC95% 2,3-182; p=0,007).

Les facteurs associés au VASOi en analyse univariée étaient le grade WFNS (1,37 ; 1 ,03-1,81), le délai entre le diagnostic de vasospasme et l’introduction de Milrinone (1,20 ; 1,00-1,44), un vasospasme sévère à l’artériographie (4,22 ; 1,71-10,45), l’HTIC pendant l’hospitalisation (2,66 ; 1,08-6,54), la présence d’un HIP (2,81 ; 1,09-7,28) et le resaignement en réanimation (6,98 ;1,55-31,57).

En analyse multivariée, les 3 critères associés au VASOi étaient le grade WFNS (1,4 ; 1,01-1,94 ; p = 0,04), le vasospasme sévère à l’artériographie (6,6 ; 2,2-19,4 ; p =0,001) et le resaignement en réanimation (15,1 ; 2,7-85,2 ; p=0,002).


Conclusion

Dans notre population d’HSA avec recours à la Milrinone, seuls 23,5% ont présenté un VASOi qui était un facteur majeur de mortalité. Les facteurs de risque de VASOi étaient le grade WFNS élevé, la sévérité du vasospasme à l’artériographie et le resaignement en réanimation. Ces patients à risque pourraient bénéficier d’une prise en charge agressive précoce voire d’avancées thérapeutiques à venir. D’autres études sont nécessaires renforcer nos résultats.


Références

1.           Vergouwen MDI, Ilodigwe D, Macdonald RL. Cerebral Infarction After Subarachnoid Hemorrhage Contributes to Poor Outcome by Vasospasm-Dependent and -Independent Effects. Stroke. avr 2011;42(4):924‑9.

2.           Velly LJ, Bilotta F, Fabregas N, Soehle M, Bruder NJ, Nathanson MH, et al. Anaesthetic and ICU management of aneurysmal subarachnoid haemorrhage: a survey of European practice. Eur J Anaesthesiol. 2015;32(3):168-76.


Remerciements