R034Adhésion aux recommandations pour la prise en charge des traumatisés crâniens graves dans les 24 premières heures

Traumatologie / Urgences
Traumatologie
A. Tuijnman 1, M. Pichon 1, V. Ramonda 1, H. Vinour 1, F. Bounes-Vardon 1, S. Silva 1, O. Fourcade 1, T. Geeraerts 1.
1Pôle Anesthésie-Réanimation, Chu Toulouse - Toulouse (France)

Conflits d'intérêt

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Position du problème et objectif(s) de l’étude

On estime que le traumatisme crânien grave (TCG) représentait en 2012 en Europe 57000 décès annuels1. Il peut de plus être responsable d'un handicap modéré-à-sévère chez les survivants. Des recommandations portant sur la prise en charge durant les 24 premières heures des patients présentant un TCG ont été réactualisées par la SFAR en 2016. Il n'existe pas, à l'heure actuelle, d'étude évaluant l'adhésion à ces recommandations dans la pratique clinique. Notre objectif était de décrire cette adhésion dans la région Occitanie Ouest, et de rechercher des facteurs associés à une mauvaise adhésion.


Matériel et méthodes

Nous avons conduit une étude observationnelle unicentrique, rétrospective, entre novembre 2017 et septembre 2020, au sein d'une population de patients pris en charge au CHU de Toulouse-Purpan, seul centre de la région Occitanie Ouest de niveau 1 possédant un plateau neurochirurgical. Les données provenaient de la TraumaBase® (base de données multicentrique française de traumatologie grave). Nous avons inclus tous les patients admis dans le centre d'étude, présentant un TCG, défini par un score de Glasgow < ou égal à 8. Pour chaque recommandation analysable, nous avons calculé un taux d'adhésion défini par le nombre de cas où la recommandation était jugée respectée, divisé par le nombre de cas où la recommandation était jugée applicable. Quand celui-ci était inférieur à 75%, nous avons recherché en analyse uni et multivariée, des facteurs associés à une mauvaise adhésion.


Résultats & Discussion

Un total de 227 patients étaient inclus dans notre étude. 78% des patients étaient de sexe masculin, l'âge médian était de 38 ans. Le mécanisme le plus fréquemment en cause était l'accident de la voie publique impliquant un véhicule léger (33% des cas). Une anomalie pupillaire était notée à la phase préhospitalière dans 58% des cas. 60% des TCG étaient défini comme isolés. La mortalité hospitalière était de 36%. La médiane d'adhésion, toute recommandations confondues, était de 83%. Les recommandations dont le taux d'adhésion était le plus bas étaient : l'administration d'une osmothérapie en cas d'anomalie pupillaire (74%), l'optimisation hémodynamique (administration d'amines afin de maintenir une PAS > 110mmHg) (72%), le monitorage de la pression intracrânienne (PIC) en cas d'imagerie cérébrale anormale (65%). Les dernières données françaises publiées sur ce thème, en 20062, montraient en phase préhospitalière une absence totale d'administration d'osmothérapie, et l'utilisation d'amines dans 12% des cas.


Conclusion

Dans cette étude régionale, l'adhésion aux recommandations était globalement satisfaisante. Celles portant sur l'administration d'une osmothérapie, l'optimisation hémodynamique, et le monitoring de la PIC étaient respectées dans moins de 75% des cas. La sévérité neurologique et extra-neurologique, plus que les caractéristiques des patients, étaient associées à l'adhésion aux recommandations. Ces données nécessitent d'être confirmées à l'échelle nationale.


Références

1. Majdan M, et al. Epidemiology of traumatic brain injuries in Europe: a cross-sectional analysis. Lancet Public Health. 2016

2. Bouhours G, et al. Traumatismes crâniens graves : prise en charge à la phase initiale. Réanimation 2006.


Remerciements