R338Performances des biomarqueurs du LCS dans le diagnostic des méningites nosocomiales sur DVE

Réanimation / Urgences
Neuroscience
R. Arnaud 1, D. Rousset 1, M. Alvarez 2, M. Grare 3, D. Osinski 1, O. Fourcade 1, T. Geeraerts 1.
1Pôle Anesthésie Réanimation, Chu Toulouse - Toulouse (France), 2Pôle I3lm, Chu Toulouse - Toulouse (France), 3Pôle Biologie, Chu Toulouse - Toulouse (France)

Conflits d'intérêt

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêt en lien avec la présentation.


Position du problème et objectif(s) de l’étude

Dans le cadre du traitement de l’hypertension intracrânienne, la dérivation ventriculaire externe (DVE) est un dispositif de drainage permettant de contrôler le compartiment liquidien du liquide cérébro-spinal (LCS). Cette technique invasive expose au risque de méningite nosocomiale, complication redoutée aggravant le pronostic des patients. La lutte contre les infections sur DVE s’avère complexe de part notamment un diagnostic difficile de la méningite nosocomiale : il existe en effet une grande hétérogénéité de définitions dans la littérature (1) avec une multitude de biomarqueurs et de seuils différents utilisés. L’objectif de ce travail était d’évaluer les performances de plusieurs biomarqueurs du LCS dans le cadre du diagnostic des méningites nosocomiales.


Matériel et méthodes

Il s’agit d’une étude d’analyse descriptive de cohorte rétrospective, monocentrique, réalisée dans le cadre de l’évaluation d’un protocole de soins autour des DVE au sein de l’unité de réanimation neurochirurgicale du CHU de Toulouse. La période d’analyse s’étendait sur deux ans. Tous les patients bénéficiant d’une DVE après 48h d’exposition ont été inclus, à l’exclusion des patients mineurs, ayant manifesté une opposition ou décédés avant 48 heures de prise en charge. Le diagnostic de méningite nosocomiale était retenu selon la définition de l’IDSA (2). Les biomarqueurs du LCS analysés comprenaient les lactates, la glycorachie, la protéinorachie, la cellularité, le taux de polynucléaires neutrophiles, et l’index de cellularité. Nous avons procédé à une analyse statistique des variables quantitatives par test de Mann Whitney avec réalisation de courbes ROC (receiver operating characteristic). Le seuil de significativité retenu était une valeur de p < 0,05. L’étude a reçu l’approbation de la commission éthique et de recherche institutionnelle locale.


Résultats & Discussion

238 patients ont été analysés. L’incidence des méningites nosocomiales était de 18,1% (n=43), pour une densité d’incidence de 8,98 épisodes / 1000 jours de DVE à risque. 50 épisodes d’infection ont été analysé, impliquant les récidives de méningites sur un même patient. Il existait une différence statistiquement significative entre les valeurs des groupes LCS sains et méningites pour tous les biomarqueurs analysés. Les quatre paramètres les plus performants étaient la cellularité, l’index de cellularité, les lactates et la glycorachie  (cf. figure). Les valeurs prédictives positives étaient respectivement de 37%, 36%, 43% et 31%, contre des valeurs prédictives négatives toutes supérieures à 92%.


Conclusion

Les biomarqueurs du LCS sont une aide au clinicien pour le diagnostic de méningite nosocomiale. La combinaison de plusieurs paramètres semble plus pertinente que l’utilisation isolée des biomarqueurs. Leurs excellentes valeurs prédictives négatives sont une aide pour infirmer le diagnostic de méningite nosocomiale sur DVE.


Références

(1)Lewis A et al., Br J Neurosurg. 2 janv 2016;30(1):49‑56.
(2)Tunkel AR et al., Clin Infect Dis. 15 mars 2017;64(6):e34‑65.


Remerciements

Performances diagnostiques des marqueurs du LCS